• Paroisse Saint Remi

Obsèques du père Vincent Marie



HOMÉLIE DE MGR FRANCOIS TOUVET


Cher Monseigneur,

Chers frères et sœurs,


Nous sommes très peu nombreux aujourd’hui dans cette église St Pierre St Paul d’Épernay, mais nous le savons, beaucoup sont présents par la prière dans le mystère de la communion des saints. Monseigneur, cher frère, vous êtes venu de Beauvais pour présider cet Adieu à l’un de vos prêtres. Vous-même, Madame, mère du Père Vincent-Marie, portez la prière de tant d’amis qui vous ont témoigné leur sympathie. La Congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie est représentée par le Père Maximilien qui eut le Père Vincent-Marie comme maître des novices. Et vous, prêtres, diacre et fidèles de la paroisse, représentez la communauté chrétienne locale qu’il avait rejointe il y a 5 ans après 32 années de vie religieuse à Ourscamps. Les conditions sanitaires actuelles nous imposent cette pauvreté. Nous l’acceptons et pouvons en faire une expérience spirituelle supplémentaire.


Un peu comme si nous étions à l’orgue. Il n’y a qu’un seul musicien, n’est-ce pas, et pourtant nous entendons comme un orchestre complet qui accompagne nos chants ou exprime le mystère célébré. Les jeux d’anche avec la bombarde ou le cromorne, les régales avec le cornetin ou la voix humaine, les flûtes, les bourdons, les jeux gambés, ils sont tous là pour chanter ensemble la grandeur et la sainteté de Dieu. Notre frère Thierry, en religion Vincent-Marie, excellait ainsi sur les claviers multiples et au pédalier. Tant que son handicap ne l’en empêchait pas, il passait des heures à dire ainsi la beauté de Dieu avec une agilité à nulle autre pareille. C’était pour lui, il me l’avait confié, un mode de prédication.


Que nous disait-il ? Cette phrase de Jésus qu’il avait retenue au moment de son ordination : « Je suis venu allumer un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé » (Luc 12,49). Une phrase qui nous est rapportée par saint Luc juste après le passage d’Évangile que nous venons d’entendre. Il s’agit du feu de l’amour, du feu de l’Esprit qui vient embraser les cœurs. Ce feu, c’est déjà la lumière de la foi reçue au jour du baptême, la lumière de l’espérance qui permet d’avancer malgré les obstacles et toutes les bonnes raisons d’abandonner le combat, la lumière de la charité qui se transmet au prochain pour illuminer sa route. Ce feu, c’est aussi la puissance de Dieu qui nous renouvelle sans cesse, nous conduit à la conversion, nous envoie vers les autres pour leur annoncer l’Évangile du salut. Ce feu, c’est aussi le jugement de Dieu sur la vie et la mort, la lumière et les ténèbres, la vérité et le mensonge. Un feu qui purifie, qui redresse. Ce feu, nous le savons, habitait le cœur sacerdotal du Père Vincent-Marie. Malgré les limites que lui imposait son état de santé, il était disponible, toujours prêt à apporter ses services à ses frères prêtres pour le bien des fidèles. Des services spirituels. Il voulait allumer ce feu de Dieu dans les cœurs. Il le faisait avec les bénévoles des Conférences St Vincent de Paul par exemple, et aussi d’une façon toute particulière en célébrant le sacrement de pénitence et réconciliation. C’était plus facile pour lui, physiquement. Il accueillait, écoutait, conseillait, priait, encourageait, réconfortait. Et, lui-même pauvre pécheur, il pardonnait au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.


Le père Petitpas me disait l’avoir accueilli au service des vocations il y a environ 40 ans. Le discernement le conduisit vers la vie religieuse où il choisit de renoncer à lui-même. Choix difficile, rendu possible par la grâce de Dieu. Notre frère s’est battu, il n’a pas gagné toutes les batailles, jusqu’au jour où il a quitté sa communauté. Le religieux choisit de tout quitter pour suivre le Christ, en portant sa croix. C’est aussi la vocation de tout chrétien « celui qui veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Il l’a portée, la croix. Il l’a portée… dans son corps meurtri par la maladie. Comme Job dans l’Ancien Testament, que de raisons il aurait eu de tout laisser tomber, de se révolter : Job le dit « Il me ruine de toutes parts, et je m’en vais ; il déracine, comme un arbre, mon espérance ». Mais, fidèle serviteur de Dieu, il ajoute : « je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, que, le dernier, il se lèvera sur la poussière […] dans ma chair, je verrai Dieu ». Job lui a appris à redire chaque jour dans son cœur et dans son ministère de prêtre sa grande espérance : « comme je voudrais qu’il soit déjà allumé »

Ce Vendredi-Saint au soir, nous venions de célébrer la Passion de Jésus et sa mise au tombeau, dans les conditions du confinement à la maison qui donnaient plus de profondeur et d’intensité à ce grand silence du tombeau. Jésus avait annoncé sa résurrection le 3è jour. C’est justement pendant ce grand silence de l’attente du 3è jour, ce temps de la grande espérance que le Père Vincent Marie s’est endormi dans la mort, rejoignant son Maître et Seigneur au cœur du mystère de la Rédemption, pour vivre avec Lui dans l’éternité. Nous demandons pour lui le pardon de ses péchés et la joie de voir Dieu face à face dans la lumière.


Amen.

Par ailleurs, la paroisse souhaite réaliser un "pêle-mêle" de photos souvenirs à publier en ligne en mémoire du père Vincent-Marie. Si vous souhaitez vous y associer, merci de nous faire parvenir vos meilleures photos avec lui à l'adresse suivante : accueil.paroisse.epernay@gmail.com



Ci-dessous le message du père de Mianville annonçant le décès du père Vincent-Marie :

https://www.youtube.com/watch?v=4v2jmZf9NCc


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